J’ose une humeur barbante

2017/10/18 publié dans  Humeur

Après plusieurs mois de silence, je vais vous parler rasoir. Depuis au moins 15 ans, je me rasais avec un Gillette Mach 3. Je dois avouer que n’étant pas un fondu de la pratique (deux rasages les bonnes semaines...), je ne me préoccupais pas trop de la question, pestant seulement au sujet du prix des lames quand il fallait en racheter.

Et puis, un jour j’ai lu ça sur cuk.ch évidemment[1]

Bon le rasoir était hors de prix pour moi, mais il m’a conduit à me poser des questions sur des alternatives possibles, sur ma technique même de rasage, absolument anarchique... et sur ma propension à m’égorger assez généreusement pour que mes élèves s’inquiètent régulièrement de mon visage torturé (j’exagère à peine).

Au début de juillet, je remarque que la société au rasoir hors de prix sort une version à 40€ avec une promotion au lancement. Je commande. Il faut à peu près un mois de délai. Soit.

Entre-temps, je pars en vacances chez mes parents et les entretiens de mon futur rasoir entre le fromage et le dessert. Ma mère m’explique que cela lui rappelle un peu le rasoir qu’avait son père, un rasoir qu’il avait emmené à la guerre du côté de Monte Cassino et qui ne l’avait jamais quitté et dont il se trouvait que, par hasard, il traînait pas loin dans une armoire. Avide de côtoyer ce monument d’histoire de France et par l’occasion, de me rapprocher symboliquement de ce grand-père dont j’ai toujours la nostalgie, je me lance à la recherche de l’objet. À peu près quinze secondes plus tard, je l’ai en main : c’est un rasoir de sécurité Gillette comme celui-ci :

Il n’a pas servi depuis 1991 et il reste des lames neuves, elles aussi de marque Gillette, dans un emballage jaune. Je me lance le lendemain. Doucement, l’émotion (ou la peur, je ne sais plus très bien) maîtrisée, je me rase en deux fois, une dans le sens du poil l’autre à rebrousse-poil. Au bout de l’exercice, pas de réelles coupures, mais pas mal de points de sang sans gravité. Quant au résultat, à ma grande surprise, je n’avais jamais été rasé d’aussi près. Révolution ? Redécouverte du fil à couper le beurre ? En partie.

Le deuxième rasage, tout aussi parfait, m’a donné de sacrées irritations et j’ai dû utiliser une crème apaisante. Les rasages suivants ont été plus doux, mais nécessitent quand même une crème. En terme de prix de revient, à la lame, c’est imbattable. Pour l’avoir adopté, je regrette quand même que ce rasoir provoque un feu dans le cou assez régulièrement.

J’ai fini par recevoir le rasoir Oneblade des États-Unis. Lui rase peut-être d’un peu moins près (mais c’est très relatif), mais par contre, je n’ai pas réussi à me couper ou à voir la moindre irritation. Il est parfait si on passe sur le prix des lames qui est assez élevé pour un rasage quotidien.

Au final, j’alterne les deux et j’en suis satisfait. Ce qui me frappe, c’est que pendant des années, je n’ai même pas imaginé qu’il puisse exister des alternatives aux rasoirs manuels de type Gillette à plusieurs lames. Le marketing a imposé une norme qui a réussi à faire pratiquement oublier les autres rasoirs (je ne parle même pas des coupe-choux) alors qu’une seule lame rase aussi bien que trois ou quatre.

Pour ma part, c’est une découverte !

[1] Allez voir le nouveau site de François !